Jeux de guerre, MMO et la sagesse militaire de Sun Tzu !

27.12.2016

Lors du développement d’un jeu de guerre, il y a plusieurs problèmes qui se posent. L’un de ses problèmes touche à la mise en œuvre des mécaniques du jeu. Très souvent, certaines réalités du monde militaire sont passées sous silence pour simplifier le jeu ou son développement. De ce point de vue, Sparta fait office d’exemple à suivre, étant donné que le réalisme militaire en fait même un bon terrain de pratique pour les préceptes de guerre du célèbre Sun Tzu !

Sun Tzu était un stratège de guerre chinois. Ses précis sur la guerre sont tellement complets qu’on s’en sert encore aujourd’hui pour former les officiers dans les académies militaires. Et lorsqu’on s’en sert pour évaluer les mécaniques des jeux de guerre, on se rend compte que peu de jeux parviennent à décrocher la mention honorable…

Une armée sans agents secrets est exactement comme un homme sans yeux ni oreilles. 

Cette citation n’a pas besoin d’être décortiquée ; son sens est très évident. Vous avez besoin d’avoir des sources d’information pour prendre des décisions utiles lorsque vous commandez une armée. Dans la plupart des jeux, cette mécanique est rendue telle quelle au joueur : l’espion. Il est possible de former des espions et de les envoyer dans les cités adverses pour recueillir des informations.

Dans Sparta par contre, ce n’est pas uniquement l’espion qui permettra de faire la différence : l’éclaireur joue un rôle primordial. Autant dire qu’un jeu de guerre qui ne propose pas d’éclaireur devrait être systématiquement abandonné. Cependant, dans Sparta, on va encore plus loin grâce à l’Oracle dont les augures vous apporteront des informations plus que précieuses !
En d’autres termes : " La règle, c'est que le Général qui triomphe est celui qui est le mieux informé. "

L'art de la guerre, c'est soumettre l'ennemi sans combat.

Avant de se lancer dans une guerre, il est toujours crucial de se rappeler de ses objectifs. Est-il vraiment absolument nécessaire d’aller au front ? Si vos objectifs peuvent-être atteints sans aller à la bataille, alors empruntez d’autres voies.

Prenons l’exemple d’un joueur qui a pris l’habitude de vous piller. Une solution consisterait a le piller. Cependant, à moins de le dissuader brutalement, il y a de fortes chances qu’il revienne à l’assaut plus tard. Pourquoi ne pas plutôt s’adresser à sa coalition pour leur recommander de raisonner leur membre ? Peut-être qu’ils ne sont pas disposés à vous affronter vous et vos alliés. Après tout, une guerre entre coalitions pourrait résulter en un gaspillage de ressources phénoménal.

S’il n’a pas de coalition, pourquoi ne pas lui proposer d’intégrer la vôtre ? Non seulement vous éviterez le conflit, mais vous aurez réussi à mettre sous vos ordres un joueur dont le comportement devenait problématique.
Comme le dirait Sun Tzu : " Soumettre l'ennemi par la force n'est pas le summum de l'art de la guerre, le summum de cet art est de soumettre l'ennemi sans verser une seule goutte de sang. "

Quand vous êtes capable, feignez l’incapacité. Quand vous agissez, feignez l’inactivité. Quand vous êtes proche, feignez l’éloignement. Quand vous êtes loin, feignez la proximité. 

Les habitués de Sparta reconnaîtront immédiatement l’application de cette citation dans le jeu : l’acropole et le dissimulateur automatique d’unités. Le meilleur moyen de remporter une victoire sur un adversaire, c’est de le surprendre. Le meilleur moyen de le surprendre, c’est de lui fournir des informations erronées.

Lorsque vous avez la certitude qu’on vous cible, pensez à cacher vos unités. Ne les faites pas toutes disparaître ; ce serait trop suspicieux. Pensez plutôt à garder sur place des troupes peu nombreuses ou peu menaçantes. Vous serez en mesure de préparer l’accueil s’il décide de vous attaquer malgré tout, en sortant votre véritable armée de l’acropole.

De même, lorsque vous attaquez, pensez à utiliser les chemins cachés. Si après quelques batailles l’adversaire est convaincu que vos troupes prennent une heure à arriver chez lui, utilisez une carte de chemins cachés pour réduire drastiquement le trajet. Vous serez en mesure d’arriver chez lui avant que ses troupes ne soient prêtes et de l’assiéger si tel est votre souhait ! En somme, créez chez l’adversaire un sentiment de sécurité en l’habituant à des paramètres fixes, mais ne tombez pas dans le même piège : " Ne répétez pas les mêmes tactiques victorieuses, mais adaptez-vous aux circonstances chaque fois particulières." 

Dans la guerre, le nombre seul ne procure aucun avantage. N'avancez pas en vous reposant exclusivement sur la puissance militaire. 

Les joueurs de jeux de guerre et en particulier de MMO n’auront pas eu besoin de Sun Tzu pour apprendre cette leçon. Il ne sert à rien d’avoir une dizaine de milliers d’épéistes lorsque votre adversaire a mille cavaliers de l’Agéma et une demi-douzaine de catapultes. Le nombre est important, mais la qualité est tout aussi importante, sinon plus importante !